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  • Jean Eudes Yahouedeou

Covid-19 et confinement : les clés pour qu’isolement ne rime pas avec solitude


Pour minimiser les conséquences négatives du confinement, optimisme et contacts virtuels sont la clé, affirment les médecins et sociologues dans la revue. Car l’isolement social lorsqu’il est subi sur de longues périodes, peut influer négativement sur la santé mentale et cardiovasculaire.


La solitude augmente le risque de mortalité de 29%.

L’influence de l’isolement social sur le risque de décès “ est comparable à des facteurs de risque de mortalité bien établis tels que le tabagisme et la consommation d’alcool et dépasse l’influence d’autres facteurs de risque tels que l’inactivité physique et l’obésité”, concluait une méta-analyse (analyse de multiples études portant sur le même sujet) de 2010. Au point d’augmenter le risque de mortalité de 29 %. Maladies cardiaques, dépression, démence et espérance de vie plus courte sont en effet des risques connus de la solitude subie et prolongée.


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En 2011, déjà dans la revue , le psychologue social John Cacioppo montrait que la solitude a tendance à mettre l’organisme en état d’alerte, avec notamment une augmentation de la pression sanguine, un sommeil moins réparateur, ou encore des marqueurs de stress comme le cortisol retrouvés dans la salive et les urines. Comme si la solitude préparait le corps à une menace imminente. Des conséquences qui font sens sur le plan évolutif, d’après John Cacioppo, puisque pour nos lointains ancêtres, être seul signifiait abandonner la protection du groupe. Pour lui, les changements physiologiques et l’anxiété qui accompagnent la solitude seraient un “ signal aversif” que les liens sociaux d’un individu sont devenus trop faibles pour sa “ survie génétique”.


On peut être isolé sans souffrir de la solitude

Pour autant, vous ne doivent pas désespérer en cette période de confinement imposé : isolement social et solitude sont deux choses différentes. “ Certaines personnes sont socialement isolées et ne se sentent pas seules”, explique Daniel Russell. “ En revanche, certaines personnes sont solitaires même si elles ont beaucoup de contacts sociaux”. C’est donc l’expérience subjective de la solitude qui est nuisible, et non le nombre réel de contacts sociaux. “ Le simple fait de savoir que l’on peut compter sur quelqu’un en cas de besoin suffit à atténuer certaines de ces réactions, même si cette personne n’est pas physiquement présente”, confirme la psychologue Julianne Holt-Lunstad.


Optimisme et contacts virtuels sont la clé

Ainsi, chez les prisonniers de la guerre du Vietnam, confinés dans de minuscules cages parfois quasiment remplies d’eau, l’optimisme était le principal facteur prédictif d’une meilleure santé psychologique sur le long terme, d’après une étude de 2015. “ L’optimisme est un prédicteur significatif d’une santé physique et psychologique positive, et apporte également des avantages protecteurs à long terme”, concluent ses auteurs. Cela ne sera pas aussi facile pour tout le monde, car la solitude a une importante composante génétique. L’héritabilité de la solitude serait comparable à celle de la dépression. “ Vous n’héritez pas de la solitude, mais de la douleur que vous ressentez en étant seul”, explique John Cacioppo.


Enfin, s’ils ne sont pas aussi bénéfiques que les contacts réels, les SMS, les e-mails et les applications comme Skype et FaceTime “ sont infiniment meilleurs que l’absence d’interaction”, remarque Chris Segrin, spécialiste des sciences du comportement.


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